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Planète Urgence | Haïti

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Soutenez Planète Urgence et Haïti en achetant une des photos de Laurence.

Voldemag s’associe encore à Planète Urgence et son projet en Haïti. Parce que tout reste à faire, tout reste à construire, et pour illustrer ce pays et ses difficultés, des photos prises par Laurence Guenoun et des textes de Philippe Petit, membre de Planete Urgence. Des images et des mots pour décrire un présent compliqué mais aussi un avenir possible.

Planète Urgence

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Planète Urgence

Laurence Guenoun est une photographe Free Lance, partie en Haïti pour Planète Urgence afin de réaliser un reportage sur les avancées réalisées par l’association depuis un an.

Philippe Petit est, depuis un an, chef de Mission de Planète Urgence en Haïti. Basé à Jacmel, il travaille essentiellement avec un groupement paysan en zone rurale, à Lamontagne, pour des constructions, du reboisement et de la formation. Il a écrit les textes de cette interview.

Planète Urgence est une association Française qui participe à des projets de développement dans plusieurs pays, en permettant à des volontaires d’apporter leur soutien par le moyen du « Congé Solidaire », et soutient des programmes de développement et de protection de l’environnement.

Palais présidentiel de Port au Prince

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Palais présidentiel de Port au Prince

Palais détruit.

Le symbole de l’effondrement du pouvoir et de l’Etat.

Dans quel pays du monde un président élu entre-t-il dans un palais en ruines ?
Quelques minutes, des secousses prévisibles pourtant, et un pays, un peuple se retrouve à terre.
Marqué dans sa chair, mais aussi dans ses symboles les plus forts.

Et cela a ouvert en grand la volonté de changement : sortir des schémas classiques, des routes déjà parcourues.

Il chantera, sur les ruines ?

Un vrai vent d’espoir a soufflé. Qu’en sera-t-il, après mai ?

Femme à l’enfant – sortie de ville de port au prince

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Femme à l'enfant - sortie de ville de port au prince

Un bébé protégé du soleil, des odeurs, du bruit de la rue. L’aider à survivre?

Les rues sont devenues des marchés permanents. Au ras des camions et des 4X4 rutilants, des autocars surchargés, une femme vend de l’essence.
De la gazoline au gallon.
On ne les remplit plus exactement jusqu’en haut : l’essence, comme tout le reste, augmente et devient un bien précieux.
Au point d’être obligée de garder le marmot avec elle.
Il commence la vie comme ça. Dans la fureur de la ville.
L’enfant est pourtant précieux, ici. Le centre du monde, même.

La nécessité est parfois trop forte : il y aura peut-être, en fin de journée, quelques gourdes gagnées pour acheter le repas du bébé.

Marché de Jacmel

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Marché de Jacmel

Un matin très tôt, les gigots de cabrit donnent encore l’impression d’être frais. Le regard n’est pas amical.
Les vendeuses du marché de Jacmel, en général très ouvertes, très bavardes,très rieuses, ne supportent pas les photos.
Le lieu est historique, une halle métallique fabriquée à Bruges, couverte de tuiles de terre cuite, qui donne un air étrange à ce marché.
Elles en ont vu, des touristes et curieux passer, leur appareil en bandoulière.
Elles craignent par dessus tout que les photos de cet endroit un peu sale, un peu sordide, soient utilisées contre le pays, la ville, elles.
Elles ne supportent plus de voir ces images de misère se multiplier dans les médias du monde.

La Jacmélienne est une femme fière, élégante, fine et plaisante.
Mais ces photos qui ne l’avantagent pas, elle n’aime pas.

La même, demain, sera pimpante et coquette, habillée de beauté et de couleurs claires pour aller à l’église.

Port de Jacmel

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Port de Jacmel

Un cargo, enfin, un mouvement dans ce port délaissé.

Le port commercial de Jacmel a connu des années de splendeur et de mouvement.

C’était là où embarquaient les milliers de tonnes de produits coloniaux, le café, le cacao, pour les ports français.
Un des endroits les plus actifs de la Caraïbe.

L’histoire s’est arrêtée, il y a si longtemps.
Le port s’est éteint, la ville s’est endormie. Les riches commerçants ont déserté.

Un cargo dans le port, c’est donc un évènement aujourd’hui.
Et on vient admirer le phénomène.

Celui-ci transporte du ciment. Le signe d’une reconstruction.

Petite fille dans l’école – La Montagne Jacmel

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Petite fille dans l'école - La Montagne Jacmel

Une chance, un avenir.

La fabuleuse vitalité des enfants, et des leçons de vie apprises si tôt.
Haïti est un vivier, une pépinière. Un espoir énorme.

Il faut être tellement fort, imaginatif, solide, dès l’enfance, pour résister à tout ce qui vient.
Entre les désastres et les désespoirs.
Petite fille, en plus…

Mais l’enfant d’ici a cette lumière dans les yeux, cette force que donne l’affrontement avec la vie.

Une princesse avec une farouche détermination dans le regard. Le portrait de Gina, sa maman, la paysanne devenue institutrice.

Guito, paysan montrant sa greffe de Mandarinier sur un pied d’orange amère – La Montagne Jacmel

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Guito, paysan montrant sa greffe de Mandarinier sur un pied d'orange amère - La Montagne Jacmel

Guito, paysan montrant sa greffe de Mandarinier sur un pied d’orange amère – La Montagne Jacmel

Elle sont si douces, si sucrées, les mandarines greffées par Guito.

Il a compris, avant les autres, que la terre est une ressource fabuleuse, si on la traite mieux.
Il a diminué le maïs, les haricots et a planté, greffé, multiplié.

Un mandarinier rapporte cent fois plus qu’un vulgaire pied d’oranges amères.

Il se désespérait de ses produits communs, tellement nombreux que personne ne les achetait.

On vient maintenant jusque chez lui pour acheter ses fruits sucrés et différents.

Guito, dans sa maison réconstruite, savoure sa récolte de l’année. Pas merveilleuse, mais suffisante.

Michel, planteur de papaye – La montagne Jacmel

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Michel, planteur de papaye - La montagne Jacmel

Michel, planteur de papaye.

La montagne de Jacmel.

Planter des arbres, par milliers, pour redonner la vie à une terre meurtrie.

Michel explique avec passion le geste qu’il accomplit. Les enfants, avec lui, plantent des arbres, des légumes, des papayes, par exemple.
Ils ont gardé, choisi les meilleures graines.
Et ils récolteront des papayes juteuses, sucrées et belles. Et les vendront au marché.

Michel est fier de sa pépinière de fruitiers.
Les enfants de Lamontagne payent leurs frais scolaires avec le produit de leur vente.

Ce jour là, tournés vers nous, Michel ne voit pas le cortège silencieux qui passe, juste là, à quelques mètres, sur le chemin.

Des hommes reviennent de l’hôpital, un petit corps sans vie dans les bras. Un enfant mort du choléra qu’on ira enterrer dans son village, à deux heures de marche.

Sur la montagne entre Léogane et Jacmel

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Sur la montagne entre Léogane et Jacmel

Toute sa richesse est là, sur cette crête : une pioche, une chèvre.

Mais la pluie qui ne vient pas. Le troupeau est réduit, la maison détruite. Alors il marche, essaye de gratter un peu de ressources de cette terre trop haute.
Et ces nuages qui ne font que passer.
Une autre saison tardive, une autre récolte perdue ?
Il ne tiendra pas longtemps.

Et sa famille, ses enfants qu’il ne voit plus.
Partis en ville, domestiques exploités.
La terre usée qui ne donne plus rien. Quelques herbes, quelques buissons.

Il marchera longtemps, là-haut, sous le ciel trop grand.

Femme décidée de Diffou – province de Léogane

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Femme décidée de Diffou - province de Léogane

Samba sourit doucement, et c’est si rare.

« Les femmes décidées de Diffou » ont un combat : améliorer la condition des femmes.
Elles luttent de toutes leurs forces contre la violence, le machisme, et la ségrégation dont elles sont victimes.
Cinquante femmes qui se réunissent chaque semaine, qui partagent leur difficultés et cherchent des solutions.

Une mutuelle, une pépinière…

Samba, c’est le surnom qu’on lui a donné. Elle est la chanteuse.
Et à chaque fois entame la chanson de la révolte et de la lutte.

Oui, les femmes de Diffou sont réellement décidées

L’Etang de Miragoane

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L'Etang de Miragoane

Le retour d’une nature sauvage.

L’Etang gagne en surface chaque année. Il s’étend de plus en plus et rogne ses berges.
Un quelconque cyclone a dû bouleverser les évacuations.
Maintenant, l’eau monte.

A tel point que la nationale qui mène de Miragoane, ville du Sud, aux autres cités du pays, a été détournée et reconstruite.

Sur un tracé pentu et tordu.

La hantise des camionneurs.

Et l’Etang s’élargit. Un des rares endroits où la nature regagne du terrain.

par Voldemag

Voldemag, un webzine collectif pour s'envoyer en l'air les pieds sur terre. Avec Voldemag, l'émotion n'est pas l'ennemie de l'information et du débat, elle s'y associe.

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